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La guerre low cost du Terminatrix

février 19th, 2010 · 6 Comments · Armement, Charles Bwele/Électrosphère, Industrie, Militaire, Technologie, Thème du mois

« Soldats, votre compagnon sur le tarmac n’a pas de famille et n’a pas besoin de nourriture, de sommeil, de soins médicaux, de permissions, de salaire et encore moins d’une pension de retraite. Entre hier matin et aujourd’hui, il a surveillé une zone de plusieurs kilomètres et a détruit plusieurs cibles sans jamais cligner de l’oeil. Ceci fut votre dernier debriefing. Rompez les rangs ! »


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Quel État ne rêve pas d’une force de frappe plus ou moins autonome, très économique, peu encombrante, plutôt discrète, peu gourmande en carburant, facile à entretenir et en veille permanente dans le ciel ? La preuve par les coûts.


Soldes monstres. Liquidation définitive. Tout doit disparaître !


Le drone Predator orbite 24 heures dans les airs à 8000 mètres d’altitude et coûte 3,3 millions d’euros. Sa version XXL surnommé Reaper peut passer de 34 à 42 heures dans les airs (avec un réservoir larguable), vole trois fois plus vite, dispose d’une charge utile en armement quinze fois supérieure (missiles Hellfire, bombes guidées Paveway, munitions JDAM GBU-38) et coûte 7,7 millions d’euros. En comparaison, un pilote de F-16 est limité à environ 4 heures de vol par sortie dans un appareil coûtant 22 millions d’euros.


Conçu pour remplacer le célèbre et cinquantenaire avion-espion U-2, le drone de reconnaissance Global Hawk / EuroHawk décolle et atterrit tout seul comme un grand, vole à 20 000 mètres d’altitude pendant plus de 35 heures, surveille une région entière et/ou observe précisément une cible particulière à longue distance grâce à ses technologies radars, infrarouges et optroniques à haute résolution. Point besoin de le manoeuvrer à distance avec un joystick : en quelques clics, l’opérateur en Amérique / Europe désigne la destination à l’oiseau de fer qui emprunte aussitôt le trajet indiqué grâce la navigation GPS. Coût unitaire : 27 millions d’euros auxquels il faut ajouter 90 millions d’euros pour le support technique.


Une fois lancé à la main tel un javelot, le petit Raven vole à 30 mètres au-dessus du sol pendant 90 mn. Manoeuvrés par des soldats de l’US Army, il permet à ces derniers de savoir et de voir très rapidement ce qui passe derrière un immeuble ou une colline plutôt qu’implorer une enième reconnaissance aérienne. Coût unitaire : 18 000 à 25 000 euros, support technique : 158 000 euros.


Pendant la guerre froide, l’Amérique et la Russie déployaient des merveilles hi-tech (satellittes-espions, avions de reconnaissance à haute altitude) destinées à la surveillance réciproque des manoeuvres militaires, des mouvements de flottes et des installations fixes ou mobiles de missiles. À l’ère de la guerre hybride ou irrégulière, de nombreux pays déploient des merveilles low-tech ou smart-tech pour surveiller de multiples petites unités très mobiles et savamment embusquées.


Dans les montagnes afghanes, une colonne ou un convoi doit énormément sa sécurité à un drone ayant auparavant aperçu un poseur d’EEI (engins explosifs improvisés) en action derrière quelque virage dissimulé par une corniche. En outre, les « opérations spéciales robotisées » de la CIA au Pakistan ont sévèrement « mis la pression » sur l’appareil hiérarchique d’Al-Qaïda alors cantonné à sa seule survie. D’une certaine façon, les robots infligent à ces seigneurs de la terreur une mort aussi foudroyante que celle causée par leurs attentats à la bombe. Toutefois, Al-Qaïda n’a rien d’un cartel du crime qui s’effrite dès arrestation ou élimination de tous ses parrains, et les drones ne peuvent rien contre ses opérations psychologiques dans la région Af-Pak.


Malgré la médiatisation tambour battant des raids robotisés contre des lieutenants d’Al-Qaïda, les missions du Predator et du Reaper relèvent en quasi-totalité - à hauteur de 97% selon le Pentagone - du renseignement, de la surveillance, de la reconnaissance (ISR). Les informations collectées et synthétisées (photos, vidéos, communications interceptées) avec celles fournies par le renseignement humain permettent aux états-majors d’avoir une vision probable et globale d’une menace, d’établir ou de modifier les trajets d’approvisionnement, de planifier les attaques au sol et les opérations terrestres de contre-insurrection.


Reconnaissance, appui-feu, frappes ciblées, renseignements électroniques, guerre hybride au Liban, conflit conventionnel en Géorgie, contre-insurrection en Irak et en Afghanistan… On le voit, les drones aériens ont prouvé leur remarquable adaptabilité à une pluralité de missions et de théâtres.


Le siècle robotech


Cette évolution robotique s’inscrit dans la quête perpétuelle de homo faber à améliorer simultanément et concomitamment son outillage et son armement depuis la pierre taillée, la roue, la poudre, le moteur à explosion, l’électricité, l’atome et l’ordinateur. Dans le cas particulier d’Oncle Sam, Joseph Henrotin évoque « un hyper-technologisme stratégiquement omnipotent, politiquement fascinant et qui serait directement enraciné dans cultures technologique, politique et stratégique américaines. »


L’intérêt croissant pour les drones a réellement bondi à la fin des années 90. Les dividendes la paix inhérents à la chute du Mur de Berlin obligèrent l’armée américaine à drastiquement réduire ses effectifs en hommes et en matériel. Les victoires rapides obtenues en Irak et dans les Balkans amoindrirent considérablement la tolérance aux pertes humaines des armées et des opinions occidentales. Aux États-Unis plus qu’ailleurs, la fameuse « transformation » fit lentement et sûrement son chemin. Les attentats du 11 septembre, les guerres d’Afghanistan et d’Irak et l’augmentation de 74% du budget militaire américain (+515 milliards de dollars) en 2002-2008 créerent un environnement économique et stratégique très favorable au Future Combat Systems.


Mot d’ordre du Pentagone à tous ses fournisseurs de robots aériens ou terrestres : « fabriquez-en autant et aussi vite que possible ! ».


La France, L’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Espagne, le Canada, la Russie, la Chine, le Japon, l’Afrique du sud, l’Inde, le Pakistan, Israël et l’Iran, pour ne citer qu’eux, se sont également engouffrés dans cette brèche hautement lucrative dans les applications militaires comme civiles : météorologie, cartographie, guerre électronique, lutte anti sous-marine, déminage, surveillance frontalière, maritime, routière, urbaine, etc. Constructeurs et acheteurs furent d’autant plus séduits et convaincus par l’efficacité des drones sur divers théâtres d’opérations.


Tout le monde dit un grand merci à Gordon Moore et à sa sempiternelle loi stipulant que la puissance des puces informatiques double chaque année à prix constants. Dès lors, respectez ce « mécanimal » nettoyant votre salon ou pénétrant votre espace aérien : ses capacités computationnelles et servomotrices sont effectivement égales ou supérieures aux capacités cognitives et neuromotrices d’un insecte. Des drones opérant en essaims jailliront bientôt des laboratoires de Los Alamos et du DARPA.


Le rush économique aidant, les synergies techniques, les applications connexes (programmation modulaire, plates-formes open source, composants et logiciels dédiés, technologies sur étagères, etc) et les retours d’expérience irriguent l’industrie robotique militaire et civile. De fait, la technologie robotique gagne en sophistication pour des coûts d’entrée graduellement abaissés.


D’abord spécialisée dans les robots ménagers, la firme bostonienne iRobot illustre parfaitement cette tendance : elle est aujourd’hui l’un des plus fidèles partenaires du Pentagone. L’US Air Force fut ravie par son démineur Fetch – directement dérivé de son célèbre robot-aspirateur Roomba - débarrassant les pistes d’atterrissage des sous-munitions produites par les cluster bombs (bombes à sous-munitions), et l’US Army fut enchantée par son Packbot, champion sur chenilles de la lutte anti-EEI en Irak / Afghanistan (plus de 3000 unités vendues) qui fit également une apparition dans le film Démineurs.


Lost in conversion


À ce jour, l’US Air Force déclare entraîner plus de pilotes de chasse que d’opérateurs de drones… à hauteur de 51% pour les premiers. Preuve indubitable de profonds bouleversements internes. Dans L’US Air Force crashe plus que l’US Army , j’avais analysé quelques changements de paradigmes liés à l’introduction croissante de drones dans les armées américaines.


Ainsi, l’armée de terre préfère de loin former des cols blancs pour le pilotage de ses drones plutôt que reconvertir des uniformes blancs estimés onéreux (salaires, couverture médicale, retraites). Ce qui n’avait pas manqué de susciter un tollé chez ces derniers jugeant cette concurrence déloyale et très peu éthique. Parallèlement, le Pentagone s’en était vertement pris à l’USAF, accusée de perdre beaucoup plus de Predator / Reaper que l’US Army qui fait nettement plus confiance au système automatique de décollage-atterrissage de ses Sky Warrior.


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Une blessure narcissique ne survenant jamais seule – pour l’uniforme blanc, du moins, l’université du Dakota du Nord a récemment crée un diplôme professionnel de pilotage de drones obtenu après quatre années de formation. Nul doute que d’autres facultés et centres de formation du monde entier lui emboîteront le pas. Par la suite, nous comprendrons pourquoi le radioguidage de drones sera tôt ou tard remplacé par leur autonomisation complète.


Questions éthiques à 500 litres de kérosène : comment frimer auprès des potes quand on n’a jamais quitté le sol ? Quel sex-appeal peut-on espérer quand on n’a jamais tournoyé dans l’espace aérien ennemi ?


L’inexorable émergence des drones a un effet secondaire curieusement omis par tous : l’inondation informationnelle. Depuis 2001, les drones opérant en Irak et en Afghanistan ont déjà produit 24 années de vidéos brutes en continu ! Les armées et les services de renseignements d’Oncle Sam avouent être débordés : ils n’auront jamais assez de temps et de personnels pour analyser sommairement ou finement autant d’images, omettant de facto d’innombrables informations à haute valeur ajoutée.


Deus ex machina : ils se tournèrent donc vers les industries de la télévision (partenariats, méthodes) afin d’en apprendre plus sur l’habillage graphique et textuel et le partage de vidéos. Des officiers de l’US Air Force, de l’US Army et de l’US Navy ont carrément fait des stages en salles de régie TV afin de maîtriser les techniques du telestrator, procédé habillant les diffusions en direct des matches de football et de rugby : numéro et nom du joueur, pénalités accumulées, position du tireur, distance de tir, point de chute de la balle, limite de hors-jeu, etc.


Une fois traitées et habillées par des logiciels d’analyse graphique puis par des analystes humains, les vidéos seront partagées entre différents services militaires - Air Force, Army, Navy, Marines, CIA – qui disposeront ainsi d’un prolifique gisement de données tactiques visuelles aisément exploitables pour la planification de missions robotisées et pour leur conduite en temps réel.


Pour peu que Konami, Eurosport, Electronics Arts et Canal + Sport deviennent consultants auprès de l’OTAN, il n’y a qu’un pas.


Pas de pilote, pas de souci


L’imbrication des facteurs cités plus haut (multiplicité des constructeurs de par le monde et contestabilité accrue du marché robotique) favorisera des scénarios de rattrapage technologique des pays riches par les pays émergents ou pauvres dans la robotique militaire et civile. Des robots artisanaux ou « DIY » (Do It Yourself) effectuant des missions ISR seront probablement légion. Des armées conventionnelles ou des organisations non-étatiques développeront des approches ingénieuses combinant technologie robotique et art de la guerre hybride ou asymétrique.


Si l’EEI fait aujourd’hui bon ménage avec le téléphone mobile, pourquoi n’en ferait-il pas autant avec le robot ?


Dans les brèves de science-fiction Drones de croisière et Roboterroriste, j’avais imaginé un futur dans lequel de nombreux petits pays disposent d’une aéronavale robotisée de poche (garde-côtes, lutte anti-piratage, défense du territoire) et des organisations non-étatiques usent d’outils robotisés de représailles ou de terreur. À mes yeux, la « prolifération robotique » est peut-être la grande réalité militaire et sécuritaire de demain.


C’est précisément ces futurs conditionnels qui, selon moi, inciteront les ingénieurs en robotique militaire à complètement autonomiser leurs drones et pousseront les états-majors à déléguer aux machines le pouvoir de faire feu. Explications.


Dans l’hypothèse d’une guerre conventionnelle ou hybride impliquant un nombre plus ou moins élevé de robots ou leur rôle majeur voire primordial, chaque camp s’efforcera de damer le pion à son rival y compris en détruisant ou en piratant les drones adverses. Dans de telles circonstances, le temps d’action / de réaction fera toute la différence. Or, réfléchir, agir et réagir via une liaison satellitaire induit un délai critique de quelques secondes. Seule et unique solution pour réduire cette latence et accélérer l’action ou la réaction décisive : éliminer le facteur humain de la boucle tactique et laisser la machine faire feu quand sa programmatique l’autorise.


Des scénarios identiques ou comparables ont pris déjà corps sur un autre théâtre d’opérations : les marchés financiers. En effet, l’agence Reuters a récemment crée le service NewsScope Direct diffusant des données écofinancières toutes les microsecondes à destination des traders algorithmiques (high frequency traders ou algotraders) de Chicago et de Londres. Une microseconde = un millionième de seconde. Un instant plus que négligeable pour nous, pauvres humains, une vie entière pour ces opérateurs de marché 100% techno. Effectuant dix à quinze fois plus de transactions que leurs collègues biologiques dans des laps de temps extrêmement courts, rien d’étonnant à ce que ces traders virtuels préfèrent la microseconde dans leur suivi en temps réel des marchés financiers.


Quelle place occupera la décision humaine dans un champ de bataille grouillant de robots aux fonctions cognitives et motrices perpétuellement perfectionnées ? Par le passé, le moine copiste, la blanchisseuse, le mécanicien navigant (le troisième pilote) et le laborantin photo s’étaient crus éternels. Malheureusement, l’évolution technologique est aussi impitoyable qu’un tir de drone Predator.


Dans un prochain article, j’aborderais un sujet devenu incontournable : l’éthique du Terminatrix.


Entretemps, je déposerais les statuts de ma société militaire privée comptant une grosse centaine de soldats-robots (à turboréacteur, à hélices, sur roues ou sur chenilles)  et une quarantaine de salariés de chair et de sang pour le support technique (investissements, logistique, maintenance). Vive le machinisme ! Longue vie au capitalisme !


Charles Bwele, Électrosphère


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6 Commentaires jusqu'à présent ↓

  • Jean-Pierre Gambotti

    ….Mais in fine et paradoxalement, « l’homme descendra de la machine » et sera premier au festin, car je ne pense pas que l’algowarrior soit sensible à la victoire. Et nous serons dans la situation bien humaine du partage des dépouilles, du vae victis, de l’ivresse du succès et de l’hubris. Le vainqueur du duel imposera sa volonté à l’adversaire, pas à la machine, simple moyen comme la guerre, qui sera replacée au râtelier. Nous traiterons de la finalité de la guerre, la paix, et les neurones à mon sens prévaudront. Et c’est plutôt cette phase qui nécessite que l’on s’interroge à nouveau sur l’éthique. Même si Terminatrix donne le vertige, je pense qu’on ne gagnera pas de guerre en refusant de sacrifier à Thanatos. Je crains que ce ne soit le principe le plus irréductible de la guerre.
    Très cordialement.
    Jean-Pierre Gambotti

  • Electrosphère

    @ JP Gambotti,

    Nos viseurs convergent globalement sur ce point, Général.
    Au fait, le drone serait-il une version robotisée du “contractor” ?

    Cordialement

  • jojo

    Aujourd’hui les drones tirent sur des bad guys, la guerre a un “sens”, mais qu’en sera t il le jour ou la guerre se fera virtuellement, par joystick interposés?!

  • JGP

    Tout comme les SMP, les drones (notamment ceux munis d’une IA et d’une autonomie avancées) posent en effet le problème de la responsabilité et de la légitimité de la violence.

  • BPCs

    Est ce que la question est bien actuellement dans cette dualité Homme Versus Machine ?
    Je note que l’on est encore devant une machine animée au sens étymologique , même si l’humaine nature étend ses capteurs au travers d’un Robot situés à des milliers de km : pour le moment ce n’est guère différents de ces automates du XVIIIème siècle qui cachaient un nain à l’intérieur : dans les 2 cas c’est la chose humaine qui gère la chose mécanique : il ne faut pas se laisser duper par le paravent de la technique.
    Pour le reste, la machine autonome n’est pas non plus chose inconnue : la mine est depuis longtemps une mécanique abandonnée qui se met en marche à l’approche d’une cible.
    Ce qui me frappe le plus dans l’émergence actuelle des drones :
    C’est la persistance sur zone qui chamboule toute la question de l’ISR mais aussi du soutien CAS voire de la projection de puissance une fois les UCAS sur le marché (encore qu’un Reaper et son emport identique à un F-16 modifie déjà la donne).
    Ensuite, plus que le drone lui même c’est plus la question de la miniaturisation de l’électronique qui est frappante avec la possibilité de picoradar de 1 kg sur un ScanEagle de 3 m d’envergure.
    Enfin c’est la mise en réseau des données qui est la plus cruciale : que ce soit des Reaper, des F-22 ou des Rafales la capacité de tir sur coordonnées networkées est un élément majeur de cette mutation.
    Pour le moment, les machines autonomes avec leur I.A. comme dans le film Terminator sont assez phantasmatiques

  • BPCs

    PILOTRIX plus fort que TERMINATRIX
    Je rajouterai que dans ce qui est actuellement considéré comme le point fort des Drones UAV, la persistance, la machine Humaine n’a pas dit son dernier mot :
    Il est très aisé d’augmenter la vigilance et de diminuer la fatiguabilité d’un équipage avec des molécules aussi banale que les amphétamines, à nouveau autorisée par l’USAF pour des missions de longue durée pouvant atteindre près de 17 h sans sieste dans le cadre des B2, voire en utilisant une molécule plus moderne comme le Modafinil qui a pu montrer en simulateur de vol une durée de mission de 67 h :
    Déjà pour des durées de 17h la question n’est plus la machine humaine mais la capacité en huile du réservoir moteur…
    Les marges d’amélioration du computer central du Pilotrix, à savoir un chasseur bombardier piloté par un Humain avec son cerveau sont donc notables…

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