Les racines d’un débat stratégique d’importance ont été posées au début de l’été : la «grande guerre» –conventionnelle, régulière, industrielle, selon les qualificatifs qu’on lui donne fréquemment et qui sont tous discutables– a-t-elle définivement disparu, au profit d’une guerre irrégulière, asymétrique, une «guerre au sein des populations» –pour reprendre la terminologie de Desportes?
Un premier aperçu des débats se trouve dans ce billet d’EGEA, qui n’épuise pas la question. On discerne dès l’abord plusieurs manières d’aborder le sujet (non limitatives) :
• spatiale : faut-il différencier selon les aires géographiques ? S’agit-il d’une loi générale (mondiale, universelle, … selon des qualificatifs qui sont là aussi à préciser) ? Ou propre seulement à l’Occident ?
• temporelle : la prééminence de la guerre irrégulière actuelle n’est-elle qu’un moment, ou augure-t-elle d’une modification essentielle, un peu à la manière de ce que suggéraient les époux Toffler : en clair, ce serait là la vraie révolution dans les affaires militaires, due non à de la technologie, mais à l’établissement de nouvelles conditions politiques, géographiques et technologiques de la guerre ?
• théorique : y a-t-il une différence si profonde entre les deux, ou ne faut-il pas envisager un continuum théorique, un modèle se déversant dans l’autre au gré des circonstances ?
• par milieu : cette guerre géographiquement délimitée (le milieu terrestre) est-elle compatible avec les autres milieux de la guerre (air et mer, bien sûr, mais aussi cyber, spatial, nucléaire, …)? Comment ces milieux qui «compliquent» la guerre interfèrent-ils avec l’alternative régulier/irrégulier ?
Ce sera donc le thème du mois, à l’occasion de la rentrée d’AGS, qui se coordonnera avec la rentrée stratégique. En effet, on aura en octobre deux rendez-vous majeurs : les assises de la pensée stratégique, organisées par le Ministère de la défense ; et le colloque du club Participation et progrès, le 26 : «La conflictualité d’aujourd’hui : conflits asymétriques et guerre majeure».
Nous en reparlerons.






ji_louis // sept 4, 2009 at 13 h 55 min
La guerre au sein des populations est un avatar des combats militaires. L’exemple type est la guerre du Viet Nam, où les communistes ont commencé par la guerilla contre les français avant de les combattre (et les battre) avec une armée régulière une fois la guerilla suffisamment renforcée et organisée (merci la Chine), puis de combattre les américains par le terrorisme urbain et la guerilla en campagne pour éviter de se faire écraser lors d’un cobat “régulier”, pour enfin gagner par lassitude de l’adversaire (vietnamisation du conflit). La mêmle chose se produit en Afghanistan.
VonMeisten // sept 4, 2009 at 17 h 23 min
La guerre n’est qu’un moyen. Un objet parmis d’autres, rangé dans une caisse à outils à coté de la diplomatie, des menaces, des sanctions économiques etc. Quand on bricole, il est bon d’utiliser l’outil “qui va bien” pour une action donnée, à un moment précis. Pour fixer uune carte-postale, inutile d’utiliser la perceuse à percussion.
Idem pour l’action politique : la guerre, la grosse est toujours présente dans la caisse à outils des différentes puissances. Certes, la tendance moderne est plus à la garder au chaud dans la boite. Mais, à mon humble avis, la cause n’est pas éthique, mais pratique : le cout (moral, économique, politique) probable de l’utilisation de l’outil est supérieur aux gains escomptés. Donc peu de guerre ; mais cela changera, dès que les conditions seront réunis.
nikesfeld // sept 5, 2009 at 21 h 31 min
Pour l’instant toutes les grandes puissance ont sanctuarisé leur territoire par l’arme nucléaire, tout le monde commerce avec tout le monde sans contrainte, tout le monde se connait il n’y a pas de peuple inconnu, Il n’y a ni nouvelle idéoligie ni nouvelle religion…
Pourquoi y aurait il des guerres conventionnelles?
http://multiculturalisme.wordpress.com
Frédéric // sept 10, 2009 at 9 h 51 min
Pour Nike, l’Argentine et le Royaume Uni se connaisait, pourtant une crise de légitimé à ”forcer” le gvt Argentin à cherché un dérivatif pour le peuple est à s’attaqué aux Malouines.
Le nationalisme est toujours présent dans le monde, il n’y a que dans notre Europe fatigué par les Grandes Guerres que l’on pense que celles si nous ont oublié…
nikesfeld // nov 16, 2009 at 11 h 51 min
Frédéric j’espére que “vous repasserait par là pour prolonger”.
Peut étre avez vous raison, mais j’ai l’impression que dans le monde d’aujourd’hui nous n’avons pas de choses clivantes.
Le seul centre d’intéret ou d’attention pour les états est peut étre, à la limite, l’économie mondiale.
Soit la préservation de cette gigantesque machine qui permet à tous les régimes en place une belle stabilité.
D’ailleurs “on” s’en prend plutot aux états en faillites ethiopie vs somalie, russie vs georgie, Usa vs afghanistan…
Bref pour une guerre conventielle il faut:
1) des officiers.
Est ce un statut à la mode dans le monde?
2) des soldats.
Y a t’il beaucoup de personnes prétes à se mobiliser pour la guerre de nos jours?
Ces questions sont orientées dans le sens “situation dans le monde” pas uniquement en occident.
Frédéric // nov 17, 2009 at 1 h 32 min
Même en Europe, on trouve toujours des personnes pour s’engager dans les forces armées hors raisons économiques.
Et le patriotisme/nationalisme est toujours vivaces dans nombres de pays. Et celui peut être exacerbé par des ”raisons” futiles, voir le spectacle Égypte/Algérie pour une simple coupe du monde….
nikesfeld // nov 23, 2009 at 10 h 26 min
Est ce que nationalisme permet de galvaniser une nation pour passer à l’acte?
Du coté de ce fait divers le gouvernement Algérien a plutot préché pour le calme sans monter dans la surenchère.
Je suis d’accord que le nationalisme existe encore et sur le fait que les conflits confentionnels sont encore possibles.
Frédéric // nov 24, 2009 at 7 h 46 min
Coté Algérien, oui, coté Égyptien, les autoritées haussent le ton.
Les dérivatifs et les diatribes contre ”l’étranger” pour faire oublier les problèmes intérieurs sont, à mon avis, autant porteurs de risques que les réels crise internationale style nucléaire iranien et nord coréen, car la logique n’a guère de place dans ceux ci.
nikesfeld // nov 24, 2009 at 13 h 15 min
Il me semble que pour mobiliser une nation et agresser une autre il faille attaquer/mettre en péril des valeurs propres à la nation ou des ressources.
Mais cela vaut que pour une relation à 2, hors il existe un concert des nations et des grandes puissances.
L’homme a beau étre illogique, il n’aime pas non plus le vide il peut s’en prendre à lui méme aussi.
Enfin qu’elle régime dans le monde construit sa société et son équilibre sur le modèle militaire?
Frédéric // nov 25, 2009 at 8 h 32 min
La Corée du Nord et la Birmanie entre autre ;)